Tipeee
Les Mondes de Romain d'Huissier

Les Mondes de Romain d'Huissier

Created at 28 Jan. 2017 - Contact

L'inspi du jour.

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  • Le Désert infini est plein de dangers. Son nom l'indique assez : cette étendue de sable couvre une grande partie du continent de Kovarla - au sud des Terres ducales. Il est immense et rien ne permet de s'y orienter, aucun point de repère n'offre de possibilité de savoir où l'on se trouve. Tout n'est que dune et poussière brûlante. Certes, les étoiles brillent la nuit - ici comme ailleurs. Mais de nouvelles constellations y apparaissent fréquemment et trompent l'infortuné voyageur. 
    Les mirages constituent un autre piège. Le cruel soleil donne naissance à des chimères trompeuses : images de villes ou d'oasis abusant les sens des égarés, les conduisant à leur mort. Nombreux sont ceux qui pensent que des esprits malins - des djinns, comme les appelles les habitants des Cités des Épices - tissent ces illusions afin de se repaître de l'âme de leurs victimes.
    On pourrait croire qu'un tel endroit soit hostile à toute vie. Rien n'est plus faux ! Des myriades de créatures parsèment le Désert infini, adaptées à ses drastiques conditions d'existence. Nombre d'entre elles sont inoffensives - de simples insectes ou de petits reptiles capables de s'enfouir sous le sable. Mais d'autres... de véritables monstres, des animaux contrefaits capables de massacrer toute une caravane. 
    Le colospion représente sans doute la pire menace du désert : sa carapace chitineuse s'avère capable de briser le fer le mieux forgé tandis que ses pinces démesurées broient même les plus solides armures. Ses yeux multiples lui assurent de repérer ses proies ou de voir venir les fous qui oseraient le traquer en son territoire. Et bien sûr, son dard exsude l'un des venins les plus mortels de toute Kovarla. 
    Malgré cela, nombreux sont les audacieux qui chassent le colospion. Sa carcasse est en effet source d'infinies richesses. Les plaques de sa carapace, sa glande à poison ou certains de ses organes se négocient à prix d'or dans les souks des Cités des Épices. Et presque chaque jour, des compagnies se forment dans l'espoir - le plus souvent vain - de terrasser l'une de ces créatures. Bien rares sont ceux qui reviennent d'une telle expédition...
    Dessin de Shuo SHI.
    https://www.artstation.com/artist/shishuo0808

L'inspi du jour.

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  • Tina restait immobile, osant à peine respirer. Plus loin dans le canyon, un Rédempteur patrouillait - l'énorme machine à forme humanoïde balayait les environs de ses senseurs. Il cherchait des signes de vie. Heureusement, Tina connaissait les secrets de la méditation biozen et pouvait ralentir ses rythmes physiologiques au point de paraître aussi morte qu'un caillou.
    La jeune fouinératrice avait piégé la zone peu de temps auparavant et le Rédempteur se situait à quelques mètres à peine des premières mines magnétiques. Pourtant, comme déçu de ne pas dénicher de proie, le robot géant commençait à rebrousser chemin. Tina relâcha alors son souffle et poussa un grand cri tout en brandissant son mécanofusil à implosion. La machine la repéra aussitôt et fit un pas dans sa direction, une main menaçante tendue vers elle. 
    Trois détonations silencieuses libérèrent une EMP ; le Rédempteur fut parcouru d'éclairs bleutés, il s'avança encore d'un mètre avant de rester paralysé - les circuits grillés. Tina épaula son arme et ouvrit le feu, visant pile à la base du cou. La tête du robot roula au sol comme un stupide ballon. 
    La jeune femme exulta. Depuis qu'un programme avait battu le champion du monde de go, depuis que l'IA avait décidé que l'humanité ne servait à rien, rares étaient les victoires sur ses séides. Grâce au cervo-processeur contenu dans ce gros crâne de métal, les informatillerros pourraient extraire des données importantes et permettre aux survivants d'exister un peu plus longtemps.
    Calmement, Tina s'alluma une cigarette avant de charger ce butin sur son dos. Puis elle prit la direction du camp secret des derniers hommes. 
    Dessin de Serge Birault.
    https://papaninja.deviantart.com/

L'inspi du jour.

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  • La Dépravée se leva de son trône, en des gestes langoureux étudiés pour attirer l'attention. Sa cour l'observait avec une totale dévotion - le regard enflammé de désir. Son visage sans trait sourit au spectacle de ses plus proches conseillers, obséquieusement inclinés vers elle en signe de soumission. Les plus puissants des Pâles n'étaient que des jouets pour elle - leur reine, leur créatrice. 
    Une vigie venait tout juste de quitter la pièce après avoir délivré son rapport : les habitants de ce monde - qui se nommaient les Wülfs - avaient envoyé une avant-garde vers le palais dans le but avoué de l'abattre elle, la Dépravée, la Dévoreuse, la Destructrice. Cette idée aussi la faisait sourire. Elle existait depuis si longtemps - depuis que son âme s'était extraite du marais putride de l'au-delà et avait retrouvé le chemin de l'univers. Une si longue non-vie ne pouvait qu'engendrer l'ennui et la conquête d'une myriade de planètes ne parvenait même plus à le tromper. Mais la perspective d'un bon combat...
    La Dépravée s'avança parmi ses ministres, toujours sous le feu de leurs yeux vides. Sur le sol de chair rougeâtre, ses pas produisaient le son du hurlement d'agonie d'une étoile. La reine des Pâles découvrait qu'elle avait envie d'affronter ces Wülfs. Leur ténacité avait tenu ses troupes en échec bien trop longtemps - ils se révélaient des guerriers pugnaces et sans peur. Leur faire courber l'échine n'en serait que plus satisfaisant. 
    Alors la Dévoreuse étendit ses longues ailes d'antimatière et prit son envol, au grand désarroi de son conseil. Elle volait au devant du danger - mais aussi de l'excitation. L'inconnu l'attendait : une bataille dont elle ne savait pas si elle en sortirait triomphante ou anéantie. La joie retrouvée de l'incertitude...
    Au sol, un Wülf à la carrure imposante guidait les siens - une longue lance à la main. Il exsudait une puissance et une autorité qui le désignaient comme l'alpha de cette meute. Déjà, des soldats pâles s'alignaient face à ces loups afin de stopper leur course. La Dépravée eut un dernier sourire avant de replier ses ailes. Elle piqua droit sur son adversaire désigné - reine contre roi. Que commence l'ordalie ! 
    Dessin de Philipp Kruse.
    https://www.artstation.com/artist/philippkruse

L'inspi du jour.

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  • ZB-52 fait partie de ces rares droïdes libres exerçant la profession de chasseur de primes. Nul ne sait qui l'a conçu - pas même lui. Il semble être un modèle unique car personne n'a jamais vu son semblable dans la Galaxie. De toute façon, on ne pose pas de questions indiscrètes à ZB-52 : les derniers à s'y être essayés ont très mal fini. 
    Durant les années qui suivirent l'avènement de l'Empire, le droïde se fit une spécialité de traquer et d'éliminer les Jedi rescapés de la purge. Pisteur doué et bretteur sans rival, il a ainsi vaincu en combat singulier pas moins de vingt-sept manieurs de sabrelaser. Pour un tel exploit, il a reçu une accréditation spéciale des autorités impériales - un sauf-conduit qui lui évite bien des tracasseries administratives.
    Mais à présent que cette époque excitante est révolue, ZB-52 s'ennuie. Oh certes, il y a les Rebelles : chasser ces proies maintient ses réflexes aiguisés. Mais la comparaison avec le frisson éprouvé durant le pistage et le combat avec un réel Jedi est hors de propos - des guérilleros à bout de souffle ne constituent pas une cible vraiment digne de lui. Peu de cybertechniciens soupçonneraient qu'un droïde puisse éprouver tous ces sentiments - mais c'est pourtant le cas du chasseur de prime.
    Toutefois, pour la première fois depuis bien longtemps, l'intérêt de ZB-52 s'éveille enfin. Il a entendu les rumeurs sur ce leader rebelle : le jeune Luke Skywalker. On prétend qu'il manie un sabrelaser bleu et démontre des talents qui ne peuvent lui venir que de la maîtrise de la Force. Sa tête est mise à prix par l'Empire - une prime que le droïde brûle de toucher après avoir livré un duel promettant enfin un peu de frissons. 
    ZB-52 traîne ici et là - partout où on soupçonne l'existence de bases rebelles. Il collecte des informations, se renseigne, en apprend plus sur sa proie. Croisant de multiples témoignages, il en a déduit que ce Skywalker n'est qu'un bébé Jedi - à peine un Padawan autodidacte. Qu'importe ! Le chasseur de prime saura se contenter de peu - tant que ses circuits mémoriels se réchauffent légèrement à la perspective d'un affrontement un peu pimenté. 
    Dessin de Zhang Zerun.
    http://s-lpis.deviantart.com/

Bilan peu glorieux

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  • Nous voilà à 10 jours environ de la fin de mon Tipeee du mois de mars - et le bilan n'est hélas pas glorieux. Alors que février avait permis in extremis d'atteindre l'objectif de la contrepartie, on en est encore loin actuellement... Il reste en effet plus d'un quart de la somme à réunir - soit 27 €. Et cela n'a pas bougé depuis une paire de semaines.

    Pourtant, je pensais avoir mis les chances de mon côté pour que tout cela décolle un peu. 

    - Livraison quotidienne de mes inspi du jour. Sans faute, j'ai livré un texte par jour tant sur cette page que sur la page Tipeee. Certaines sont vues plus de mille fois - preuve que ça plait et touche du monde.

    - Livraison rapide de la contrepartie #1 aux Tipeurs, avec la surprise d'une couverture offerte par Christophe Ouvrard. Sans compter la contrepartie #0 offerte à tous afin de donner un avant-goût.

    - Ajout d'un nouvel objectif à 150 €, la somme supplémentaire servant uniquement à payer un illustrateur pour un dessin accompagnant le texte produit (rien pour ma pomme, en somme).

    J'imaginais que demander une faible somme (le minimum possible sur Tipeee = 1 €) attirerait - les gens se disant que ce n'était pas cher payé au final pour les diverses contreparties fournies (gratuites comme payantes). Je comptais en fait sur l'effet de masse : plus de 500 personnes suivent ma page (et bien plus lisent mes romans et JdR), si à peine un quart d'entre elles versait l'obole minimale, j'atteindrais l'objectif aisément - et presque le deuxième. 

    Il faut croire que j'étais trop optimiste. Même chose pour les retours : à part un petit carré de fidèles, très peu sont ceux qui commentent mes inspi du jour et je n'ai à ce jour obtenu aucun avis sur la contrepartie #1.

    La conclusion de tout cela ? Je pense laisser mon Tipeee actif pendant encore quelques mois afin de voir s'il finit par prendre une vitesse de croisière - d'autant que j'ai encore de la belle contrepartie sous le coude. S'il devait n'atteindre l'objectif qu'une fois sur deux ou trois, il est certain que je remettrais en question la pertinence de cette forme de mécénat en ce qui me concerne. 

    Alors si vous souhaitez que tout cela continue : n'hésitez pas à en parler autour de vous, à partager mes inspi, à relayer sur les forums ou réseaux sociaux que vous fréquentez ! En vous remerciant d'avance.

L'inspi du jour.

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  • L'heure était venue. La tribu des Âmes fortes était rassemblée autour de son alpha, le puissant Croc de l'Esprit. Une vingtaine de Wülfs, armés et aux aguets, progressait avec discrétion au sein d'un paysage lunaire - bien loin des vastes forêts où ils se sentaient chez eux. Ici se trouvait le territoire des Pâles, une race venue d'au-delà de la mort et qui se nourrissait de la vie - ne laissant que cendres et silence derrière elle. 
    Autrefois, Sélénia était un monde paisible. Prédateurs et proies y vivaient en harmonie, remplissant leur rôle au sein du cycle naturel. Mais tout avait changé lors de l'arrivée des Pâles. La spiritia de Sélénia avait hurlé d'horreur avant de se taire à jamais. Les loups-soigneurs ne savaient comment tirer l'âme du monde de sa catatonie mais Croc de l'Esprit avait vite compris que les Pâles représentaient une tumeur qu'il convenait d'inciser. 
    Les premières batailles avaient été âpres : ces spectres affamés disposaient de pouvoirs mortifères et bien des Wülfs étaient tombés au combat. Mais des victoires avaient été remportées également. Et surtout, les éclaireurs avaient rapporté une découverte majeure : à la tête des Pâles se trouvait une reine - la Dépravée. L'éliminer s'avérait à présent l'unique objectif des Âmes fortes. 
    Croc de l'Esprit pouvait sentir la puanteur des Pâles à mesure que sa tribu s'enfonçait dans leur territoire. Il poussa un sourd grondement, serrant sa longriffe avec force. D'ici peu, l'arme faucherait la non-vie de bien des spectres et - pour finir - celle de leur reine. Le chef wülf savait qu'il n'y aurait sans doute pas de retour pour lui. Il vaincrait ou échouerait - mais la mort l'attendait sans nul doute au bout du chemin.
    Croc de l'Esprit leva les yeux vers le ciel - d'une pureté totale. Il se rappela des beaux moments de jadis - avant que le cancer ne ronge Sélénia. Pour l'avenir de son peuple et de sa portée tout juste venue au monde, il rassembla tout son courage et s'élança - ses meilleurs guerriers à sa suite. Des hurlements s'élevèrent vers les étoiles et même les Pâles tremblèrent dans leurs cavernes aveugles. 
    Dessin de Jesper Ejsing.
    http://jesperejsing.blogspot.fr/

L'inspi du jour.

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  • Heinvich traversait un village désert situé dans les Terres pesteuses. En tant que Doctore, c'était là son devoir : patrouiller en ce territoire hostile, où la Maladie sévissait avec force et régularité, pour en éliminer les foyers infectieux. Ce qui signifiait le plus souvent l'éradication totale de tous les habitants présentant des signes de contagion - et parfois même l'élimination de tout leur entourage, par précaution.
    A mesure que le Doctore progressait à travers les rues fantômes, il serrait plus fort son caducée entre ses doigts. L'arme s'avérait capable de cracher un feu divin, apte à décontaminer tout ce qu'il brûlait. Rien ne survivait au déversement de fureur curatrice d'un caducée. Et l'armure que portait Heinvich - parfaitement étanche - le protégeait contre tout germe, contre tout virus. Même si des Malepesteux surgissaient pour l'assaillir, il ne craignait pas grand-chose.
    Pour l'heure, c'était son esprit qui faiblissait. Jusqu'ici un parfait soldat de l'Inquisition immunitaire, il avait récemment prêté l'oreille aux propos d'un hérétique - un ancien Doctore désormais banni de l'ordre. Ce dernier prétendait que la Maladie pouvait être traitée, guérie même. Qu'il suffisait de l'étudier pour trouver un remède. Que les pauvres hères condamnés à périr par le feu en cas d'infection pouvaient être sauvés. 
    Au début, Heinvich - comme tous ses confrères - avait refusé de croire à ces fariboles. Mais depuis... il s'était montré plus attentif à certains détails. Il avait été témoin de scènes troublantes. La rémission spontanée de la Maladie chez une fillette. L'efficacité de certaines potions chez les Malepesteux même les plus atteints. Oh certes, il avait brûlé tous ces gens quand même - le Serment d'Hippocrate l'exigeait. Mais depuis, il commençait à douter...
    Trêve de réflexion ! L'armure d'Heinvich lui indiquait du mouvement non loin. Probablement des Malepesteux prêts à fondre sur lui dans le vain espoir de sauver leur peau. Le Doctore brandit son caducée. Que la consultation commence ! 
    Dessin de Chocofing R.
    https://drawcrowd.com/chun8001

L'inspi du jour.

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  • Maïko se concentrait sur son travail, au point d'en oublier le monde extérieur - le grondement lointain des voitures, le murmure de la foule dans les rues du quartier de Kabuchiko... Elle apportait la touche finale à son chef d'oeuvre : une marionnette en bois, renfermant les restes desséchés d'un enfant fauché au berceau, surpris en plein sommeil par le cruel Enma. 
    La sorcière entendait les sanglots de souffrance du petit être, dont elle chevillait l'âme au corps contrefait qu'elle avait sculpté avec une patience infini. Une fois ce travail achevé, elle disposerait d'un esclave parfait - une conscience asservie prête à obéir à tous ses ordres. Une horreur à la face de l'Ordre céleste qui ne manquerait pas d'attirer l'attention de l'Onmyodo - la plus grande organisation d'exorcistes du Japon.
    Et Maïko y comptait bien ! Sa petite marionnette allait lui permettre d'invoquer de puissants Oni et de réduire à la servitude quantité de yokai. Déchiquetée lambeau par lambeau, l'âme du bambin lui servirait de monnaie d'échange pour obtenir de nouveaux et terribles pouvoirs. De quoi la rendre immortelle, invincible - capable d'exterminer tous les onmyoji lancés à ses trousses. 
    Un sourire aux lèvres, la cruelle sorcière posa un masque souriant devant le crâne du nourrisson. La poupée était prête, il ne restait plus à présent qu'à se rendre dans la forêt d'Aokigahara - célèbre pour son ambiance délétère - afin d'y exécuter les sombres rituels qui la rendraient semblable aux plus puissants de ces prédécesseurs. 
    Maïko prépara ses affaires. Sous peu, Tokyo lui appartiendrait. 
    Dessin de Zeen Chin.
    https://www.artstation.com/artist/zeen

L'inspi du jour.

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  • Les habitants de Bhûmi - la sphère des mortels - se lamentaient depuis des années. Surgis du Narak, les terribles Asura envahissaient sans cesse leurs terres - ravageant les cités et massacrant la population. Les prières aux Deva semblaient inutiles et les Brahmanes se perdaient dans leurs inutiles méditations. Quant aux courageux Ksatriyas armés de leurs katars et de leurs chakrams, ils ne s’avéraient pas de taille contre les monstres vomis par la dimension infernale. Seuls quelques rares héros parvenaient à garder vivace la flamme de l'espoir. 
    Mais enfin, un jour le puissant Baruga se manifesta. C'était en pleine bataille, le valeureux prince Prasarîn menait ses troupes au combat - juché sur son éléphant de guerre. Comme d'habitude, la situation ne souriait guère aux humains et le guerrier s'apprêtait à sonner la retraite quand une boule de feu tomba du ciel en plein milieu des combats. La poussière retombée révéla le bouillant Baruga - un Deva combattant aux yeux plein de courroux. 
    Le dieu mesurait la taille de deux hommes et ses six bras musclés paraissaient capables d'assommer chacun un rhinocéros. Il brandissait deux varja et une lance d'or tandis que ses mains libres formaient des mudra pour invoquer la magie du Dharma. Derrière lui, une couronne d'or projetait une lumière qui brûlait les Asura.
    Le cours de la bataille changea d'un coup. Baruga se jeta sur la horde monstrueuse et ses armes magiques - de puissantes devâstra - massacrèrent aussi bien des Naga que des Jatayu. Des généraux rakshasa essayèrent bien de lui faire barrage mais le deva les balaya à leur tour. Il paraissait impossible à arrêter. Le prince Prasarîn poussa un long vivat qui fut reprit par son armée - de l'officier le plus haut gradé au plus humble fantassin. Les mortels redoublèrent d'ardeur, eux qui étaient sur le point de fuir. Enhardis par la présence du dieu, ils frappèrent avec force et courage - massacrant à leur tour des centaines d'Asura.
    Quand le fracas de la bataille s'arrêta et que la poussière retomba, la horde du Narak gisait au sol jusqu'au dernier Asura. Les soldats s'entre-regardèrent - sans parvenir à croire à cette victoire inespérée. Tous cherchèrent du regard Baruga, afin de le remercier ou de se prosterner à ses pieds. Mais le puissant deva avait disparu - s'il avait jamais été là. 
    Dès ce jour, l'espoir renaquit dans le cœur des hommes et les Asura perdirent guerre après guerre - jusqu'à ce que Bhûmi redevienne de plein droit la terre de l'humanité. 
    Dessin de Anakin Lee.
    https://www.artstation.com/artist/anakin