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Star Wars : Année Zéro / Chapitre 7 : Ev-A

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  • 1er chapitre ici / 2ème / 3ème / 4ème / 5ème / 6ème / 7ème chapitre ci-dessous. Bonne lecture. ;) ps: en référence, le nom du système Mundu vient d'un personnage de DMC. Moins le "s" :D.

  • Ev-A


    5 heures du matin. Une navette se pose à quelques kilomètres de la capitale klerosienne. Deux membres du premier cercle émergent de la cale : T4 et Algo. Ils sont suivis d’une cinquantaine de prétoriens. Tous observent les signaux lumineux qui clignotent comme des lucioles au pied de la colline. Ils y retrouvent des mineurs. Dolem ne s’était pas trompé lorsqu’il avait pris la décision de répandre le message de la Force. Oui, ils gagneraient des alliés. Et ceux-là se manifestaient depuis les discours et la victoire contre Maître Nidas et Darth Zion. On murmurait déjà leurs noms dans mille endroit de galaxie : Huit, Rep, Orol, Algo, T4, Zemla,Vlad-Ozimonor, Sostè, jusqu’à ceux des prétoriens. Comme une traînée de poudre...

    Pour autant, si Dolem avait pris la décision de révéler leurs existences, il n’acceptait pas que ses compagnons puissent être arrêtés, emprisonnés, étudiés, démontés. Au contraire, tout devait être fait pour préserver leur intégrité. Si bien que les droïdes avaient ordre de quitter n'importe quelle planète aux premières tentatives sérieuses d’arrestation puis de passer à la suivante. L’objectif était de dévoiler leur message, de compter sur la viralité d’attendre, d’être recontactés via les holocommunicateurs. Pas de provoquer des incidents. Clairement, ils ne pouvaient plus perdre d’autres membres après l’autodestruction de Femto, de P473 et de la cinquantaine de prétoriens.

    Bien sûr, les risques resteraient inhérents. Prise au sérieux, leur tactique trouverait rapidement une réponse impitoyable. En attendant, le manque d’implication des autorités leur accordait une sorte d'immunité. Peu de gouverneurs à part Artem Mandialis et Iséphine Xept avaient exigé leur arrestation. A ces exceptions près, ils pouvaient donc aller et venir, sans craindre la répression. Pour cette raison, Huit aurait dû fuir vers un système plus accueillant. Or Kléros n’était pas seulement la planète des mineurs d’abssysses, elle abritait également « Fort K » un verrou militaire doublé d'une prison parmi les plus réputées de la galaxie : 1000 soldats d’élite formés au maniement des lances électriques et de fusils sniper laser, 5000 droïdes en veille, 200 pilotes d’intervention rapide, J-Wings dernière génération, des casernes capables d’accueillir les renforts venus de la capitale et surtout des batteries de canons antiaériens suffisamment puissants pour repousser des destroyers stellaires.

    C'est justement parce que Fort K était imprenable - sauf à employer des moyens militaires d’envergure - que deux ailes avaient été aménagées pour accueillir des détenus. En premier lieu, il s'était agit d'enfermer les chefs de syndicats de mineurs, parfois leur famille, afin de calmer les velléités de révolte. Puis, du fait de son inexpugnabilité, la prison avait reçu les pirates les plus endurcis de la bordure extérieure avant d'élargir ses capacités d'accueil à d'autres criminels : tueurs, assassins, chasseurs de prime dégradés... A Fort K, bruissait la galaxie, on savait quand on y entrait, pas quand on en sortait.

    Dolem avait donc une bonne idée de ce qu’il faisait lorsqu’il avait proposé à Huit de se faire capturer. Il avait d'ailleurs obtenu les plans du complexe en dépêchant Rep et Orol auprès du Bha’lir Noir, une mafia introduite dans la plupart des sytèmes. En échange, 7 de leurs membres devraient quitter leur cellule pour rejoindre un transport anonyme. Pas de questions. Pas d’excuses. La réussite ou les représailles. Dolem avait accepté. Il avait besoin d’un coup d’éclat qui résonnerait socialement. Terrasser des sith, battre des jedi, transmettre le message de la Force était une chose. Obtenir la sympathie et l’espoir des habitants de la Galaxie en était une autre. Fort K les leur offrirait. Dans l’imaginaire collectif, le complexe incarnait l’oppression, continuant d'exhaler son parfum éventée d'autoritarisme avec son lot de règles absconses, d’humiliations, de décisions arbitraires, d'ajouts d'années d'enfermement pour des faits aussi futiles que d'avoir refusé une promenade par moins 30 degrés. L'évasion de Huit jouerait un petit air de révolution.

    Les plans obtenus, Dolem les avaient minutieusement analysés. A priori, il n’existait que deux moyens de sortir Huit de sa cellule. Le premier, le plus rapide, ne permettait pas l’évasion des 7 chefs du Bhal’hir. Le second, plus risqué, avait l’avantage de la réussir. Fruit de son approche, cette seconde possibilité lui avait été révélé par les mineurs klérosien. Il faut dire que ces derniers avaient mangé le sous-sol pendant des générations, perçant à travers les minerais. Lentement, patiemment, les mineurs avaient élaboré des nouvelles techniques de forage, creusé des galeries dans ce sous-sol capable d'effriter les tiges les plus dures au premier tour de chauffe. Bien sûr, une telle entreprise avait pris un temps fou mais, désormais, les mineurs étaient capables d'entrer dans le Fort, de délivrer les leurs et pourquoi pas de s'emparer de l'arsenal. D'évidence, Dolem percevait l’utopie d'un tel projet. Que pourraient faire 10 000 ou 20 000 gueules noires contre des troupes entraînées et réactives ? Rien. Il n'en restait pas moins que ces galeries offraient le moyen d’entrer. Lui se chargerait du reste. Il piloterait les deux plans conjointement. D'ailleurs, le premier allait commencé.

    En effet, une navette confédérale s'approche de Fort K. Les barrières de protection s’abaissent automatiquement et le petit vaisseau se pose dans la cours. Ev-A sort en premier suivie d’officiers : des mineurs déguisés. Dolem s’inquiète malgré lui. Il ne voulait pas la choisir, il aurait aimé prendre sa place. Créée par Père d'après le modèle de la femme d’Aetius, elle a reçu une capacité de mimétisme étonnant : corps et visage. Des 3 membres du premier cercle construits pour imiter les humains, les infiltrer, elle reste la plus remarquable. Dolem admire son code, ses formes, sa prestance, son nez si fin, si droit. Il y a une alchimie particulière, une beauté dans ce mystère mathématique où le métal prend des airs organiques. La femme d’Aetius était-elle pleine de cette grâce, elle aussi ? Les machines ont-elles des sentiments ? Qu’est-ce que l’amour ? Il y a quelque chose qui le gène terriblement à l’avoir désigné pour organiser le transfert de Huit : quelque chose qui lui tord les circuits. Il avait d'ailleurs refusé qu’elle porte la parole de la Force, prétextant le problème de l'anthropomorphisme même s'il était certain que des imitations apporteraient la confusion. Les droïdes devaient rester des droïdes pour ne pas provoquer de malaise. Il le pensait. Mais il pensait à Ev-A plus encore. Peut-être parce qu'elle le fascinait. Sans doute également parce qu'elle le renvoyait à lui-même. Si elle et le défunt Femto tenaient leur apparence de la famille d’Aetius, à qui ressemblait-il. Père n’avait rien écrit à ce sujet. Qui était-il dans l'équation ? Que signifiait Dolem ? Cette interrogation avait gonflé son premier rêve. Ev-A avait peuplé le second. De manière si naturelle, il se voyait elle et lui comme une famille. Infortunément, puisque les autres avait refusé qu'il se rende sur Kléros, il s'était résigné à lui confier cette mission.

    Ev-A se présente donc en uniforme devant la porte du Fort, escortés des faux soldats de la Confédération : des mineurs déguisés. Elle glisse son passe. La barre d'acier de 3 mètres de large pour 12 de longs et 5 de hauteur s'ouvre tandis que le virus élaboré par Dolem entre dans le système.

    Étrange. Lui-même aurait dû prendre possession des caméras mais la plupart se révèlent hors service. Ev-A s'avance. A travers ses capteurs, Dolem découvre le sang qui ruisselle sur les murs. Dans la nano-seconde, il lui ordonne de courir au vaisseau. Il est trop tard. Ev-A se fait transpercer par la lance laser qui l’emporte et la cloue au mur. Ses capteurs s’affolent. Dolem dévisage le Sith.qui l'a frappée. C’est un géant, extrêmement élancé, d'une maigreur presque maladive. Il donne l'impression d'être tenu par son habit échancré. Son chapeau rouge en demi cercle qui couvre le haut de sa tête pour s’arrêter au-dessus de sa bouche lui ajoute un air indescriptible. 4 autres lances dépassent de son dos. Il sourit, révèle des dents tranchantes. Dolem désespère. Il aimerait pleurer. Que pourrait-il faire d'autres ?

    Le Grand Examinateur s’approche d'Ev-A. La droïde a accepté son sort, déclenche son autodestruction. Le sith place sa main vers l’avant, concentre la Force, contrôle l’explosion vers l’intérieur tandis que de son autre main, il ferme la porte sur les mineurs qui meurent écrasés.

    Dolem est sous le choc. La construction de son armée s'arrête. Lentement, elle reprend. A-t-il le choix ? Il circonscrit ses circuits émotionnels. Il ne peut pas supporter ce qui vient de se passer, efface Ev-A de sa mémoire, prévient Algo et T4 qui patientent dans le sous-sol, sous la buanderie de l'aile sud. Faut-il entrer ? Faut-il fuir ? Que deviendra Huit ? Est-il possible de tout perdre ? Non, si les Siths étaient au courant de l’existence des tunnels, ils les auraient effondré. Ils ne savent pas. Alors Dolem prend la décision. Algo et T4 percent aussitôt le sol, entrent dans la buanderie suivis de 50 prétoriens. Il s'emploie à les guider jusqu’à la cellule 455 située dans le bloc B, au bout de l'aile sud. L’absence de caméra le rend aveugle aux mouvements des gardes mais les plans restent les plans. De toute façon, comprend-il en observant à travers les capteurs, il n'y aura aucune résistance. Partout, les murs ruissellent. Hommes et Femmes ont été massacrés.

    Soudain, T4 aperçoit le Grand Examinateur. Trois prétoriens sont embrochés par une de ses lances. Il est arrivé depuis le couloir. Il leur fait face.

    Comment ? s'étonne Dolem. Comment a-t-il pu les trouver ? Connaissait-il l'accès par la buanderie ? Et l'itinéraire qu'il choisirait parmi les 20 possibles pour retrouver Huit ? Sont-ils plusieurs ? Non, la reconnaissance faciale ne ment pas. Ce bas du visage, c’est le même.

    - Fuyez ! ordonne-t-il.

    Mais T4 sort ses deux sabres et fonce avec une dizaine de prétoriens. Le Grand Examinateur sort une autre lance, allume la lame. Les prétoriens chargent. Soudain, Dolem s'effare.. Le Sith a découpé les robots. Il a anticipé chaque coup, frappé pile dans la zone faible. 10 mouvements, 10 prétoriens découpés puis envoyé au fond d’un geste de la main pour éviter le contre-coup de l'explosion tandis que sa dernière lance transperçait le crane de T4. Dolem réfléchit, détermine un autre itinéraire jusqu’à la cellule de Huit. Les droïdes courent. Dolem ferme porte sur porte en utilisant son programme pour ralentir le sith. Ses compagnons s’échappent, atteignent enfin le bloc B. Ils traversent les cellules. Les prisonniers sont morts. L'air est légèrement opaque. Quelqu’un a utilisé un gaz sophorique à un niveau léthal. Le mécanisme de défense censé endormir les détenus en cas d’urgence a été poussé au-delà des limites. Mais pourquoi tuer les prisonniers ? Dolem tente d’échafauder des hypothèses tandis que ses compagnons continuent à travers le bâtiment, empruntent des escaliers, montent, descendent, courent. Finalement, ils atteignent la cellule de Huit. Il ne reste que son tronc et sa tête. Le resté a été démembré pour l'empêcher de fuir, de se servir de la Force.

    - Enfin, prononce simplement Huit. Ça fait des heures que je n’ai vu aucun garde, que je n'entends plus aucun bruit. Est-ce que quelqu'un peut me dire ce qui se passe ?

    - Tout le monde est mort, répond Algo en sortant son sabre pour trancher les barreaux.

    - Qui a fait ça ?

    - Les sith !

    Huit est extirpé de sa cellule. Les droïdes s’apprêtent à repartir lorsque le Grand Examinateur leur coupe leur retraite. C’est comme si il avait anticipé leur timing. Exactement comme toute à l'heure lorsqu' il donnait l'impression d'avoir lu les gestes, les attaques, les déplacements. Dolem a une sensation désagréable : ils vont tous mourir, là, dans cette prison. A moins que… Non, ce n’est pas possible… Et pourtant, c’est la seule explication. Oui, puisqu'il ne peut plus y avoir de fuite, il y aura un combat. T4 avait dû le sentir. Dolem sait ce qu’il doit faire. Mais il a besoin de temps. Il leur propose un itinéraire pour s’enfoncer dans vers le Bloc C, lui laisser le temps de se télécharger en partie.

    - Mêmes si tu l’emportais, tu perdrais tout.

    Dolem vient de recevoir ce message par l’holocommunicateur. Parmi des milliers de réclamations, de réflexions, de prières, celui-ci l’a interpellé. La Force l’imprègne étrangement.

    - Qui es-tu ?

    - Est-ce que ça a de l'importance ?

    - Evidemment.

    - Je suis celui qui vous a laissé fuir d'Oortha.

    - Marionetis.

    - Et tu es ?

    - Dolem.

    - Bien. Tu es le planificateur. Dans ce cas, tu as compris le pouvoir du Grand Examinateur.

    - Oui, j'ai compris. Mais je peux le battre. Toute est question de prédictibilité.

    - J'en doute. Même si tu calculais toutes les probabilités de coups, d’attaque, de défense et que tu dépassais ses capacités de prédictions, tu perdrai quand même

    - Je perdrai en le battant ?

    - A cet instant, tous les moyens d'écoute des sith et de la Confédération sont employés pour te trouver. Depuis son trône, Aetius sonde la Force dans des proportions que tu n'imagines pas. Si tu te sers de ta puissance de calcul et que tu te connectes profondément à des compagnons pour affronter son pion, il te trouvera. Et sa flotte sera devant ta porte en moins de temps qu'il ne faut pour dire "bip". Crois-moi, il n’y a pas de victoire possible.

    Dolem hésite. Marionetis a sans doute raison. Aetius doit le chercher en ce moment. Mais dans toute guerre, il y a des risques.

    - Vous êtes trop pressés, lâche Marionetis. Aetius l’a compris. Exactement comme il a compris que vous aviez chacun votre rôle. Il te cherche, toi le planificateur. Il y en a toujours un. Et si je ne me trompe pas, tu dois avoir une petite cicatrice au-dessous de l’oeil droit.

    - Comme le sais-tu ?

    - Ton créateur connaissait bien son ennemi. Sa femme Alba, son fils Peel, tu boucles la boucle ?

    - C'est à dire ? De qui suis-je le portrait ?

    - D'Aetius.

    - Tu mens. Je connais son visage, je ne lui ressemble pas.

    - Tu ressembles au véritable Aetius. Ce n'est qu'un nom d'emprunt. Mais tout cela n’a pas d’importance. Tu ne peux pas fuir la prison. Le Grand Examinateur s’est placé entre toi et la sortie. Il y a la porte d’entrée mais elle a été conçue pour empêcher des utilisateurs de la Force de pénétrer dans la base. Vous n'y arriverez pas.

    - Et les navettes ?

    - Détruites. Il est arrivé dans la nuit. Il a tout nettoyé.

    - Seul ?

    - Bien sûr. Que craint-il ?

    - Dans ce cas, il n'y a pas de solution. Soit je tente de le battre au risque de tout perdre, soit je perds mes camarades ici et, ultimement, j'ai perdu.

    - C’est le dilemme dans lequel Aetius place ses ennemis. C'est le risque quand on le sous-estime.

    - Sous-estime ? Parce que je n’ai pas envisagé qu’un Sith pourrait voir le futur ?

    - Parce que tu t’es révélé trop tôt, répond Marionetis qui sait parfaitement que seuls ses dessins ont déclenché un tel degré de férocité dans la riposte. Mais ton raisonnement n’était pas faux. Tu as besoin d’alliés. Me voilà.

    - Un allié ? Et que peux-tu faire contre le Grand Examinateur ? Qui peut battre quelqu'un qui voit l'avenir ? Comment nous sauveras-tu ? N'a-t-il pas déjà vu le tien ?

    - Si. D'ailleurs, il m'aurait exécuté si j'avais représenté une menace pour l'empereur. C’est son rôle. Pour autant, observer l’avenir demande une concentration extraordinaire. C’est une faculté que peu de Sith ont pu acquérir. Les Jedi ont plus facilement accès à la prescience mais leur vision sont diffuses. Elle manque de précision. Le côté obscur est plus rapide, plus focalisé. Dans le cas qui nous intéresse, le talent du Grand Examinateur arrive à conjuguer les deux.

    - Seulement, personne ne peut voir le futur entièrement.

    - En effet. Un utilisateur de la Force ne verra que des moments plus ou moins longs, plus ou moins précis, plus ou moins datés, plus ou moins situés. Mais le Grand Examinateur, lui, choisit ces moments. En général, il va directement à la mort. La sienne comme celle de celui qui se tient en face de lui. De cette manière, il prévoit les coups, il devine à quel moment frapper.

    - Si ce que tu dis est vrai alors il nous a déjà vaincu ici, quoi que nous fassions

    - Connaître l'avenir ne rend pas invincible. Le libre arbitre n'est pas un vain mot. Le Grand Examinateur ne voit pas tout. Plus l'avenir est lointain, moins la certitude est grande. En revanche, plus le futur est proche et plus sa vision est efficace. C'est pour cela que tu ne peux pas l'emporter. Je ne dis pas non plus que c'est impossible. Comme de futurs peut-il voir ? Combien de combats peux-tu calculer ? Mais je ne parierai pas sur toi, c'est évident.

    - Ce qui est évident, c'est que tu ne menaces pas Aetius. Sinon, tu serais mort. Dans ce cas, pourquoi devrais-je t'écouter ?

    - Pour être honnête Grand Examinateur a vu la fin que je me suis predestiné. Je mourrai de la main d'un Jedi. Mais tu as raison, en l’état, je ne pourrai pas tuer Aetius. En revanche, vous le pourriez. Vous avez été créé pour. J’ai vu sa colère. Il vous redoute. Mais votre empressement lui a offert un espace. Il vous a piégé.

    - Je ne sais pas quoi dire. Son empire grandit, sa puissance est incomparable et son premier serviteur est invincible. Nous ne sommes plus que huit du premier cercle. J'ai perdu Femto, P473, T4 et... Et...

    - Un seul d'entre vous suffirait à l'emporter.

    - Un seul ? Mais nous ne serons plus que 6 dans quelques minutes. Tu ne te rends pas compte..

    - Bien sûr que je m'en rends compte. C'est pour cette raison que je viens de me poser sur le toit de la prison.

    - Tu es là ?

    - Oui.

    - Pour nous sortir d'ici ?

    - Oui.

    - Mais là aussi, il l'a forcément vu. Comment pourrais-tu nous sauver ?

    - Son pouvoir n’est pas infaillible. Sinon il vous aurait arrêté sur Oortha. Il a sans doute lu l’avenir de tous les Siths mais avec la difficulté, parfois l'impossibilité de comprendre ce qu'il voyait. Mieux, dans son équation, j'ajoute beaucoup de confusion. D'ailleurs, à ce jour, le Grand Examinateur n'a tué que 3 siths, sais-tu pourquoi ?

    - Parce que chaque mort prématurée bouleverse le reste de ce qu'il peut lire ?

    - Exactement. Certains futurs n'ont déjà plus cours. Il faudrait qu'il nous passe en revue plusieurs fois. Or c'est impossible. Son travail consiste d'abord à voir la mort d'un Sith , à évaluer sa dangerosité dans un rapport remis à Aetius. Le reste concerne le contre-espionnage. Il chercher les agents de la Confédération qui tentent de faire enrôler leurs hommes. Idem pour les Jedi qui tentent de noyauter les serviteurs. Le Grand Examinateur les identifient, ensuite Aetius les place là où ils le serviront. Ce n'est pas n'importe qui. Il compte. C'est parce qu'Aetius reconnaît votre valeur qu'il l'a envoyé.

    - Je comprends les limites de son pouvoir, Marionetis. Mais je ne comprends toujours pas comment tu pourrais nous aider.

    - Tous les pouvoirs ont une faille. Vous êtes celle d’Aetius, je suis celle du Grand Examinateur.

    - Que veux-tu dire par là ?

    - Que les morts n’ont pas d'avenir, Dolem.

    Marionetis a prononcé ses mots alors que le Grand Examinateur a refait son apparition, défonçant un mur de séparation. Il ne se tient plus qu'à quelques mètres de Huit, d'Algo et des prétoriens. Il sort sa lance.

    Marionetis tend ses bras comme s'il dressait ses fils. Il prend possession de tous les corps du complexe. Les gardent sortent de leurs dortoirs, prennent les lances électriques. Des dizaines d'entre eux déboulent par les couloirs. Ils se ruent vers lui. Le Grand Examinateur voit la masse de cadavres qu'il avait laissé derrière lui. Il ne comprend pas. Il ne voit rien de leur futur ni du sien. Malgré tout, il accepte le combat. Il projette deux lances, en garde une dans chaque main, embroche et découpe. Il se bat avec violence et efficacité même s'il ne peut empêcher les lances électriques de le frapper par intermittence. Dolem observe ses gestes à travers les capteurs d’Algo. Il se sent minuscule. Il existe 3 monstres d'une puissance inégalée. Deux d'entre se battent devant lui. Mais ces deux mêmes ne pourraient rien contre Aetius.

    Le Grand Examinateur se bat sans s'économiser. Il est assailli par le nombre, ces cadavres qui arrivent par vague. Il tranche et tranche encore et encore. Il repousse avec la Force, abat son poing, saisit les corps par le cou, les cheveux, la nuque, projette. Mais il ne peut tout parer et des frappes parviennent à le ralentir. Soudain, son chapeau s’envol, laisse apercevoir un visage horriblement balafré aux yeux crevés. Sous la violence, il ploie une première fois. Il se redresse. Les lances frappent encore. Il s'écroule. La pluie de coups tombe. Ce n'est plus une tempête mais mille orage qui crépitent. Lorsque les marionnettes s’arrêtent, il ne reste plus qu’un tas de chair.

    Les gardes et les prisonniers tombent inertes. Les droïdes ne disent rien. Ils regardent le champ de bataille. Lorsque... Non, d'un coup, leur niveau d'alerte repart. "Impossible !" Le Grand Examinateur se relève. Algo charge avec l’énergie du désespoir pour l’empêcher de... Mais le géant s’écroule à nouveau.

    - Pardon, s'amuse Marionetis. Je voulais savoir si je pouvais utiliser son pouvoir.

    A cet instant, deux de ses pantins apparaissent avec les jambes et les bras de Huit. Ils les confient aux droïdes avant de tomber inhertes à leur tour.

    - Maintenant, intime-t-il à Dolem, rejoignez-moi sur le toit.

    Les droïdes retrouvent Marionetis, s’engouffrent dans sa navette qui décolle. Quelques instants plus tard, le complexe explose. Fort K est anéanti.

    Dolem et Algo pensent aux mineurs.

    - Je ne pouvais pas les laisser envie, justifie Marionetis alors que ses pantins ont placé les explosifs aux points faibles du complexe. Personne ne doit savoir que vous avez survécu. Si une enquête venait à prouver l’absence de Huit parmi les victimes, les soupçons se retourneraient contre vous. Vous allez déjà devoir persuader les mineurs et le Bah’lil noir que les Siths sont responsables. Ils vous croiront peut-être. Il faudra envoyer un robot qu’ils ne connaissent pas, cacher Huit et l’autre arrivé par les tunnels. Ce sera difficile. Aetius fera courir la rumeur. Il vous accusera. Et les mafias s'y joindront. Il leur sera de toute façon plus facile pour celles qui ne sont pas contrôlées par lui, de se tourner contre vous que contre les Sith. N'en doutez pas, Aetius l'a emporté aujourd'hui.

    - Tu peux donc tuer des innocents sans que ça ne te fasse rien, le dévisage Huit en pleine possession de ses moyens

    - J’ai de la compassion pour les morts, les familles. Mais il n'y a pas d'innocents. Pas tant qu'Aetius sera parmi nous. Combien de vies ai-je sauvé en intervenant aujourd’hui ? Combien de vies ai-je pris ? A quoi bon tenir des comptes ? Ca ne ramènera personne. Ca n'en épargnera pas moins.

    - Pourquoi nous avoir aidé ? demande Dolem. Que veux-tu ?.

    - Tout dépend. Avez-vous une flotte ? Une armée ?

    - Oui. Les deux.

    - Dans ce cas, je les veux. Je veux briser Aetius maintenant.

    - Tu penses vraiment que nous allons nous mettre à ton service ? demande Algo. Après ce que nous t'avons vu faire ?

    - J'ai sauvé vos vies. J'ai préservé votre but. Vous m'êtes redevables. Je vous demande de me laisser m'en servir une fois. Une seule fois et je couperai Aetius d'un pouvoir immense. Une seule fois et nous rééquilibrerons les chances.

    Dolem réfléchit. Les autres droïdes sont silencieux.

    - Nous te laisserons nos troupes si tu réponds à une dernière interrogation. Comment pourrions-nous vaincre Aetius si le Grand Examinateur a prédit son avenir ?

    - Ne t'en fais pas pour ça. Si l'Histoire du côté obscur nous apprend quelque chose, c'est que celui qui redoute sa fin la provoque. Aetius le sait. Il connaît les forces et les faiblesses des Sith. Il n'a jamais demandé à connaître son Destin. De toute façon, il ne fait pas confiance à ce pouvoir. Le Grand Examinateur n'était qu'un pion. Sans doute son meilleur. Mais ses visions avaient des limites. Il ne vous avait pas vu. Il n'avait pas pu prédire votre arrivée. Si je devais parier, je dirai qu'Aetius trouve même son compte dans sa mort.

    - Pourtant, il a pu prédire nos combats dans cette prison.

    - C'est vrai. Sais-tu pourquoi ?

    - Non.

    - Moi non plus. Mais si ce que je suppose de votre naissance est exact, alors j'aurais peut-être une réponse.

    --- chapitre 8 ---